Salope.
Dans cette étendue de verdure où je me trouve, avec pour seule compagnie celle de mes parents et de quelques sangliers errants, je m'ennuie. Bienvenue en Corse, là où il fait chaud et où les moustiques vous considèrent comme le plus délicat des mets. Je m'ennuie. L'ennui a prit possession de ma personne, je m'ennuie. J'ai mal aux oreilles à force d'écouter de la musique, mal aux doigts à force de dessiner, et mal aux yeux à force de lire, alors j'écris. Vous me direz, un bon écrivain relit mille et une fois ce qu'il écrit, mes pauvres yeux ne trouveront donc aucun repos dans cette nouvelle activité nommée l'écriture, et je vous répondrai et que je ne suis pas un bon écrivain, et que d'ailleurs, je ne suis pas un écrivain du tout. Vous lirez donc ces mots tels qu'ils ont été écrits, avec leurs fautes d'orthographe et de frappe. Vous lirez ces mots en vous disant qu'ils n'ont pas été écrits par les doigts d'un écrivain, mais par ceux d'une fillette de 15 ans qui s'ennuie, à attendre patiemment ( ou pas ) l'abrègement de ses souffrances. L'Ennui est utile, il est bon pour la santé. Si un jour de rencontre celui qui a un jour décrété ceci, je lui enfonce mon poing dans sa sale gueule de pauvre con. Il devait être en train de croupir dans une cabane en haut d'un arbre à se tourner les pouces quand il a pondu cette connerie, histoire de se rassurer un peu. Je sais de quoi je parle, je le connais bien l'Ennui, moi. Entre les week-ends à la campagne avec les vaches, et les vacances en Corse dans la montagne, en passant par les réunions de famille à durée indéterminée, l'Ennui, je l'ai rencontré plus d'une fois, et jusqu'à présent, tout ce qu'il m'a fait, c'est du mal. Le problème, c'est qu'habituellement, la méchante dans l'histoire, celle qui fait du mal aux autres, c'est moi. Mais l'Ennui, lâche comme il est, n'a jamais voulu me montrer sa face ( et je pense qu'il n'a d'ailleurs jamais voulu la montrer à personne ) m'amenant à la triste conclusion que je ne pouvais pas lui renvoyer la pareille. Mais je l'attends, je l'attends le jour ou je l'aurai devant moi, ce connard d'Ennui, et où je pourrai enfin lui arracher les yeux, et le jeter du haut d'un pont.
Ca craint.